2 novembre 2015

Peter Biskind à Hollywood

Peter Biskind, Le Nouvel Hollywood, 1998
Biskind nous offre là le grand roman du cinéma américain des 70's. Ce fut en effet une période éminemment charnière de l'histoire du septième art, où la toute-puissance des studios hollywoodiens se vit soudainement mise à mal par l'inattendu succès de films au ton novateur, qui imposèrent des jeunes talents aussi rebelles que barbus (Dennis Hopper, Altman et Coppola en première ligne). Biskind trace donc le portrait des réalisateurs, acteurs, et producteurs qui ont fait cette histoire, en récapitule les gloires mais aussi les échecs. 

Le journaliste pousse parfois un peu trop loin son souci de l'exhaustivité en s'attardant plus que de raison sur les petites frasques de ce petit monde (entendre : les coucheries des uns et des autres). Ça semble d'autant moins avoir d'intérêt et de légitimité qu'il s'appuie sur des témoignages qu'on devine parfois inspirés par la rancœur. Mais on ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir creusé son sujet. Le livre reste avant tout un formidable hommage à une formidable décennie qui a profondément redéfini les codes de l'industrie cinématographique et qui, comme toute révolution a eu son retour de bâton et ses paradoxes. C'est donc un passionnant et indispensable essai, qui donne évidemment envie de revoir un paquet de titres et d'en découvrir d'autres.




Peter Biskind, Sexe, mensonges et Hollywood, 2000
L'auteur du Nouvel Hollywood nous propose cette fois une plongée à la fois touffue et captivante dans le monde du cinéma indépendant américain, tel qu'il se présentait au seuil des années 90. Biskind a apparemment rassemblé une masse énorme de témoignages des gens du métier. On retient avant tout le portrait accablant d'un Robert Redford, initiateur du Sundance festival, et surtout des frères Weinstein qui avec leur studio Miramax sont parvenus à rivaliser avec les majors en multipliant leurs triomphes aux Oscars (Shakespeare in love, Pulp fiction, Chicago, etc.). Leurs comportements en feraient presque des personnages de théâtres tant leur personnalité apparaît capricieuse. 

Tout n'est cependant pas à charge, et l'auteur loue aussi à l'occasion leurs points forts et leurs authentiques réussites. Son approche se complaît moins dans les ragots culs/drogue par rapport à son essai jumeau sur Le Nouvel Hollywood. À côté de ça, c'est toujours très agréable d'avoir le récit, vu de l'intérieur des carrières d'artistes comme Soderbergh, Tarantino, Damon/Affleck ou Kevin Smith.


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